Lena, Nicolas, Arnold, Eric arrivent de Lorraine. Ils l'avouent sans détour : la révolution rock au sein de l'église les a enthousiasmés. "Les moments de prière à proprement parler sont réservés à ceux qui connaissent déjà le monde de la religion", explique Arnold. "C'est plus simple pour l'église d'aller vers nous que d'attendre que nous fassions la démarche de venir à elle".
A ses yeux, le rock chrétien représente une "musique saine, sans vulgarité". Son existence démontre l'esprit d'ouverture de l'église.
La perspective d'assister à " plein d'autres concerts super cools " l'enchante. Son but, du côté du foyer protestant de Neudorf ? « Partager ma foi avec d’autres chrétiens ».

Non content d’enflammer la scène, Make up your mind a sans doute été le groupe dont les membres ont signé le plus d’autographes. Le groupe de ska est à l’origine d’une des plus belles séquences émotion du week-end. En plein concert, l’un des guitaristes, Peter, s’agenouille, et demande sa compagne Kirsten en mariage. "God, i'm so nervous", bredouille-t-il. Avant de lui chanter son amour, avec toutes les peines du monde puisque des interférences au niveau du son perturbent son tableau de marche.
Quoi qu'il en soit, l'affluence enregistrée cette année (450 spectateurs) donne déjà des ailes aux organisateurs. "On espère rééditer l’événement l’an prochain ou dans deux ans", confie Arnaud, membre de l’association organisatrice "Troisième jour".
Il était également possible d'acquérir des CD de rock chrétien. Des ventes qui s'inscrivent elles aussi dans une logique comptable. Pour que l'initiative d'un festival soit un jour renouvelée, les organisateurs doivent s'assurer que la manifestation est viable financièrement.
Brian Ost, 28 ans, officie comme pasteur Dieppe, en Normandie. Ses chants, explique-t-il, « sont amenés par Dieu ». Le nom de sa musique, la « pop louange », parle de lui-même. Brian n’a qu’un souhait lorsqu‘il arrive sur scène, dimanche à 15 h : véhiculer les valeurs chrétiennes dans chacune de ses partitions. Un titre, « Unité », fait chavirer le public. A la demande de Brian Ost, les spectateurs se prennent par les bras. « On se serait cru dans une église », s’enthousiasme une adolescente.
Rick Heil est un rescapé. Atteint par la maladie de Crohn, caractérisée par de graves problèmes intestinaux, le chanteur du groupe Sonicflood a failli mourir récemment. Il s'en est finalement sorti et a trouvé la foi durant sa guérison. Sa caractéristique ? Il interrompt régulièrement ses titres pour raconter, en anglais, son histoire, sa lutte… « Certains ont-ils déjà été dans mon cas ? », interroge-t-il, dimanche après-midi, en plein concert. Trois ou quatre mains se lèvent dans la salle… Ou comment entrer en communion avec ses fans.
La ferveur du public ne s’est jamais démentie tout au long du week-end. Samedi soir, vers 23 h 30, des parents attendaient dehors, dans le froid.Sourire aux lèvres, ils se refusaient à venir gâcher le plaisir de leurs enfants avant la fin du concert. Les adolescents sortiront finalement de la salle du Lazaret un peu après minuit…
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